Manifestations

Transports à câbles en milieu urbain

Transports à câbles en milieu urbain tel était le thème d’une journée d’étude organisée conjointement par le G.A.R.T.(I), le C.E.R.T.U.(II), et le S.T.R.M.T.G.(III) à Toulouse le 10 octobre 2012.

Plus précisément il s’est agi d’examiner les possibilités des transports à câbles aériens, en mettant de côté les systèmes sur voies rigides, funiculaires et autres, qui sont déjà bien connus.

Le sujet était déjà le thème principal du 10ème Congrès de l’OITAF (IV) à Rio de Janeiro en octobre 2011, mais il n’a peut-être pas été suffisamment traité, et en tout cas il l’a été principalement entre spécialistes. Or en matière de transports urbains les décisions sont avant tout politiques et doivent s’appuyer sur un consensus suffisant des populations concernées, consensus qui passe d’abord par une information détaillée des responsables techniques et politiques de l’organisation de la cité. D’où la nécessité de faire connaître les tenants et les aboutissants de la technologie des transports à câbles.

Le CERTU, en liaison avec le STRMTG, a publié à cet effet en juin 2012 une étude de 141 pages, dont une préfiguration avait été présentée à Rio de Janeiro lors de la première séance consacrée aux transports en milieu urbain.

En fait les technologies sont connues, les éléments favorables aux transports par câbles identifiés ; il reste à sortir de l’image de transport de loisir, sans considérer pour autant les transports par câbles comme un outil miracle, mais comme un complément significatif à la panoplie des solutions de transport urbain.

Parmi les questions posées propres aux transports en élévation est celle de l’intrusion visuelle avec le phénomène de rejet « nomby » (not over my back-yard). Pour le moment en France la question n’est pas juridiquement résolue avec une vieille loi de 1941 basée sur un survol de 50 m. Il s’y ajoute un problème de sécurité concernant l’incendie possible d’un bâtiment survolé. De nouvelles dispositions doivent être prises.

Une autre question est posée par la compatibilité des flux entre deux modes de transport : l’arrivée d’un train (flux discontinu) provoque au départ de la télécabine qui suit (flux quasi continu) un engorgement momentané.

Au regard de ces inconvénients il faut mettre en avant les avantages que sont la légèreté de l’infrastructure, son peu d’emprise au sol, la rapidité de réalisation, les capacités de franchissement, le silence et l’absence de pollution, en tout cas locale. La question de la consommation énergétique a été à peine esquissée et les points de vue à son sujet devront être développés.

Le débat a été illustré par nombre d’exemples anciens ou récents : New-York (Roosevelt Island), Nijni-Novgorod, Madeira, Cologne, Bolzano, Alger et autres nombreuses installations en Algérie, Taipei (Maokong, Taïwan), et bien entendu Medellin (Colombie) et Rio-de-Janeiro (Brésil)… La liste est déjà longue, mais pas assez encore pour que ce système soit intégré dans la culture des populations à desservir. Comme l’a fait remarquer un participant, plus il y aura des installations à câbles plus les réticences tomberont, c’est ce qui vient de se produire vis-à-vis des tramways.

En ce moment, en France, plusieurs projets sont activement étudiés : à Brest, à Toulouse, dans le Val-de-Marne. Des réflexions sont en cours à Grenoble et dans le « Grand Paris » où pas moins de 14 « tramways du ciel » pourraient compléter le réseau plus traditionnel.

L’évolution technologique n’est pas terminée. Il reste à mettre au point, comme l’a souligné l’ingénieur Denis Creissels, un transport à câbles ayant des caractéristiques de service semblables aux systèmes traditionnels : nombreuses stations, ligne suivant une voierie existante, pré-embarquement au niveau du sol à l’entrée de l’ascenseur, accostage de la cabine de l’ascenseur avec la cabine de ligne…

ASL

(I) G.A.R.T., Groupement des Autorités Responsables de Transport, www.gart.org

(II) C.E.R.T.U., Centre d’Etudes sur les Réseaux, les Transports, l’urbanisme et les constructions publiques, www.certu.fr

(III) S.T.R.M.T.G., Service Technique des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés, www.strmtg.equipement.gouv.fr

(IV) O.I.T.A.F., Organizzazione Internationale Trasporti a Fune, www.oitaf.org

 

Alain Soury-Lavergne, Photo: C. Amtmann

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Transports à câbles en milieu urbain

Transports à câbles en milieu urbain tel était le thème d’une journée d’étude organisée conjointement par le G.A.R.T.(I), le C.E.R.T.U.(II), et le S.T.R.M.T.G.(III) à Toulouse le 10 octobre 2012.

Plus précisément il s’est agi d’examiner les possibilités des transports à câbles aériens, en mettant de côté les systèmes sur voies rigides, funiculaires et autres, qui sont déjà bien connus.

Le sujet était déjà le thème principal du 10ème Congrès de l’OITAF (IV) à Rio de Janeiro en octobre 2011, mais il n’a peut-être pas été suffisamment traité, et en tout cas il l’a été principalement entre spécialistes. Or en matière de transports urbains les décisions sont avant tout politiques et doivent s’appuyer sur un consensus suffisant des populations concernées, consensus qui passe d’abord par une information détaillée des responsables techniques et politiques de l’organisation de la cité. D’où la nécessité de faire connaître les tenants et les aboutissants de la technologie des transports à câbles.

Le CERTU, en liaison avec le STRMTG, a publié à cet effet en juin 2012 une étude de 141 pages, dont une préfiguration avait été présentée à Rio de Janeiro lors de la première séance consacrée aux transports en milieu urbain.

En fait les technologies sont connues, les éléments favorables aux transports par câbles identifiés ; il reste à sortir de l’image de transport de loisir, sans considérer pour autant les transports par câbles comme un outil miracle, mais comme un complément significatif à la panoplie des solutions de transport urbain.

Parmi les questions posées propres aux transports en élévation est celle de l’intrusion visuelle avec le phénomène de rejet « nomby » (not over my back-yard). Pour le moment en France la question n’est pas juridiquement résolue avec une vieille loi de 1941 basée sur un survol de 50 m. Il s’y ajoute un problème de sécurité concernant l’incendie possible d’un bâtiment survolé. De nouvelles dispositions doivent être prises.

Une autre question est posée par la compatibilité des flux entre deux modes de transport : l’arrivée d’un train (flux discontinu) provoque au départ de la télécabine qui suit (flux quasi continu) un engorgement momentané.

Au regard de ces inconvénients il faut mettre en avant les avantages que sont la légèreté de l’infrastructure, son peu d’emprise au sol, la rapidité de réalisation, les capacités de franchissement, le silence et l’absence de pollution, en tout cas locale. La question de la consommation énergétique a été à peine esquissée et les points de vue à son sujet devront être développés.

Le débat a été illustré par nombre d’exemples anciens ou récents : New-York (Roosevelt Island), Nijni-Novgorod, Madeira, Cologne, Bolzano, Alger et autres nombreuses installations en Algérie, Taipei (Maokong, Taïwan), et bien entendu Medellin (Colombie) et Rio-de-Janeiro (Brésil)… La liste est déjà longue, mais pas assez encore pour que ce système soit intégré dans la culture des populations à desservir. Comme l’a fait remarquer un participant, plus il y aura des installations à câbles plus les réticences tomberont, c’est ce qui vient de se produire vis-à-vis des tramways.

En ce moment, en France, plusieurs projets sont activement étudiés : à Brest, à Toulouse, dans le Val-de-Marne. Des réflexions sont en cours à Grenoble et dans le « Grand Paris » où pas moins de 14 « tramways du ciel » pourraient compléter le réseau plus traditionnel.

L’évolution technologique n’est pas terminée. Il reste à mettre au point, comme l’a souligné l’ingénieur Denis Creissels, un transport à câbles ayant des caractéristiques de service semblables aux systèmes traditionnels : nombreuses stations, ligne suivant une voierie existante, pré-embarquement au niveau du sol à l’entrée de l’ascenseur, accostage de la cabine de l’ascenseur avec la cabine de ligne…

ASL

(I) G.A.R.T., Groupement des Autorités Responsables de Transport, www.gart.org

(II) C.E.R.T.U., Centre d’Etudes sur les Réseaux, les Transports, l’urbanisme et les constructions publiques, www.certu.fr

(III) S.T.R.M.T.G., Service Technique des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés, www.strmtg.equipement.gouv.fr

(IV) O.I.T.A.F., Organizzazione Internationale Trasporti a Fune, www.oitaf.org

 

Alain Soury-Lavergne, Photo: C. Amtmann

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