Environnement

Le VTT et les remontées mécaniques

Une stratégie représentant un nouvel atout pour les remontées mécaniques en été ?

Nombreuses sont les communes souhaitant proposer des activités susceptibles d’attirer les touristes en été et s’interrogeant sur les montants à investir à cet effet. Une perspective prometteuse à cet égard est le succès croissant du VTT pour lequel différentes structures ont déjà été mises en place, allant des simples single trails aux Mountainbikeparks. Ces parcs sont des zones de sport balisées destinées à la pratique du VTT en montagne. Le plus souvent l’infrastructure existante, normalement destinée aux sports d’hiver – autrement dit les remontées mécaniques – a été adaptée pour permettre le transport des cycliste en montée. Ce qui permet aux vététistes de se concentrer sur la descente. Ainsi, la pratique du VTT en descente dans les parcs appropriés en été ressemble pour le principe à la descente en ski de piste en hiver. La montée s’effectue sans effort, le sportif et son matériel étant transportés jusqu’en haut par une remontée mécanique. En Autriche on a créé ces dernières années plusieurs parcs appréciés des adeptes de ce sport et connus au-delà des frontières, notamment : le Bikepark Planai à Schladming, en Styrie, le Bikepark Leogang dans la province de Salzourg, le Bike Circus Saalbach-Interglemm, également en pays salzbourgeois, le Bikepark Zau[:ber:]g sur le Col du Semmering, entre la Basse-Autriche et la Styrie et le Mountainbikepark de Wagrein dans la province de Salzbourg, pour ne citer que les plus grands. Par ailleurs de nombreuses régions de montagne proposent aussi, outre la descente en VTT, des infrastructures intéressantes permettant de pratiquer différents modes de vélo de montagne comme le « cross-country » ou la randonnée classique en VTT.

Les néophytes dans ce sport ou ceux qui souhaitent se renseigner sur les différentes possibilités existantes devraient commencer par regarder les différents modes de le pratiquer. Les analyses ci-dessous reposent sur une enquête menées auprès de 327 sportifs dans les zones de sports de montagne des provinces de Salzbourg et du Vorarlberg (Leissing 2012). Dans les régions dotées de remontées mécaniques on rencontre généralement quatre types de VTTistes :

Caractéristiques des différents types

Ces différents types se distinguent d’abord très nettement au niveau de l’âge. Ainsi, en ce qui concerne les régions dans lesquelles a été menée l’enquête, près de 85% des vététistes pratiquant la descente avaient moins de 35 ans ; en même temps, un peu plus de la moitié des vététistes de moins de 25 ans disaient préférer ce type de pratique du VTT. De même, le freeride/enduro est plutôt pratiqué par les jeunes tandis que le cross-country a généralement la préférence de vététistes plus âgés. Ceux pratiquant la randonnée sont en moyenne les plus âgés.

Ainsi qu’en témoignent plusieurs études, 80% des vététistes sont des hommes. En particulier les modes descente et freeride/endurance sont presque uniquement l’affaire des cyclistes masculins. Par contre la randonnée et le cross-country comptent un nombre plus élevé d’adeptes féminines, environ 35%.

Les vététistes pratiquant la descente sont ceux qui passent le plus de temps à la montagne, soit de 15 à 21 jours en été, tandis que ceux pratiquant la randonnée et le cross-country viennent plutôt en automne.

Motifs

Pour tous les sports pratiqués dans la nature, notamment le ski de piste ou le ski de fond, ce sont plus ou moins les mêmes motifs qui poussent les adeptes à s’adonner au sport qu’ils ont choisi. Ils citent en particulier les bénéfices pour la santé, notamment à travers la détente, le maintien de la forme et l’entretien des performances physiques. Pour d’autres c’est plutôt l’aspect rapports sociaux qui compte, ou encore le plaisir de profiter des agréments de la nature et du paysage. L’enquête a montré que le plaisir offert par la nature et le paysage était un des principaux motifs pour tous les types de vététistes. D’où l’importance de proposer des structures présentant un attrait paysager, avec des chemins bien intégrés et le cas échéant un regazonnement de certaines zones. Mais à y regarder de plus près, on constate aussi quelques différences entre les divers groupes.

Pour presque tous les groupes le facteur détente à la montagne revêt à peu près la même importance que le plaisir offert par le paysage. Cependant, alors que les vététistes pratiquant la randonnée et le cross-country mettent surtout en avant le plaisir offert par la nature et le paysage, les adeptes de la descente tiennent à perfectionner leur technique et mettent en avant le goût de l’aventure, du risque et des sensations fortes. Les difficultés techniques et les défis apparaissent comme particulièrement excitants. Mais le facteur aventure représente aussi pour le groupe freeride/enduro une raison de venir à la montagne.

Importance des vététistes en tant que groupe cible touristique

Comme l’on pouvait s’y attendre, les vététistes pratiquant la descente représentent, avec 91% de réponses positives, le groupe utilisant le plus les remontées mécaniques. Les trois-quarts (77%) de ce groupe s’intéressent en outre aux compétitions et autre évènements sportifs. Ils se distinguent par là significativement des autres disciplines. Nous voyons par ailleurs que les évènements sportifs intéressent aussi une forte proportion d’adeptes de la descente (81 %), chiffre significativement plus élevé que pour les autres groupes. Par ailleurs les vététistes pratiquant la descente indiquent une nette préférence pour les difficultés placées artificiellement sur le terrain et pour les obstacles techniques du genre virages raides, éléments Northshore et Drops ou sauts. De nombreux adeptes du freeride/enduro sont eux aussi attirés par des structures de ce type.

Les vététistes pratiquant les autres disciplines préfèrent pour la montée soit les chemins forestiers ou des chemins de terre assez larges (82%), soit les sentiers étroits ou les singletrails (63%). Ceux qui s’adonnent à la randonnée (100%) et au cross-contry (95%) souhaitent pouvoir utiliser des chemins forestiers ou des chemins de terre. Presque tous les vététistes interrogés préfèrent trouver sur leur chemin des obstacles naturels (rochers, racines, troncs d’arbres).

Vu que les vététistes pratiquant la randonnée et le cross-country ont à peu près les mêmes préférences que les randonneurs pédestres, certaines mesures d’organisation doivent être envisagées. Outre une attribution claire des chemins aux activités pratiquées en montagne, on citera entre autres les randonnées en VTT guidées, appréciées par 58% des vététistes randonneurs. Les limitations temporelles d’utilisation des chemins sont mal acceptées des vététistes interrogées au cours de l’enquête.

Les vététistes pratiquant la descente représentent en raison des exigences spéciales des parcours et des aires délimitées sur lesquelles ils se déplacent un groupe cible intéressant et facilement gérable pour les remontées mécaniques. En revanche, leur importance économique est dans l’ensemble limitée pour les destinations concernées, notamment du fait de leur âge (les classant plutôt dans le segment de prix inférieur pour l’hébergement), des motifs les amenant à choisir un séjour à la montagne ainsi que de leur faible incidence sur la restauration. Par contre, les vététistes appartenant aux autres disciplines descendent, comme les randonneurs, dans les hôtels de catégorie moyenne à supérieure et s’intéressent aussi à d’autres activités permettant de profiter des plaisirs offerts par la nature. Une offre de pratique du VTT diversifiée peut d’une façon générale contribuer à augmenter l’attrait d’une région de vacances en suscitant l’intérêt de nouveaux groupes cibles.

Il convient par ailleurs de noter que plus de 80% des mountainbikers font également du ski ou du snowboard, ce qui permet une fidélisation toutes saisons (cf. Fig. 1). Des bikeparks bien conçus qui permettent un rajeunissement de la clientèle ainsi que l’organisation de fêtes et d’évènements dans une région peuvent, s’ils s’inscrivent dans son orientation stratégique, avoir un effet d’attraction supplémentaire ­– y compris pour les non-vététistes. Beaucoup de vacanciers prennent plaisir à regarder les vététistes dévaler les pentes dans le cas d’événements particuliers et aiment « qu’il se passe quelque chose au village ».

Il ressort dans l’ensemble que les vététistes représentent un groupe cible intéressant pour le tourisme, déjà du fait que, ainsi que le montrent études actuelles, ils séjournent en moyenne entre 8 et 15 jours à la montagne, aussi bien au printemps qu’en été et en automne (Cf. Fig. 2).

Pour attirer plus spécialement, en été comme en hiver, ce public relativement jeune, il apparaît souhaitable, si l’on veut obtenir des résultats à long terme, de lui proposer une offre adéquate. Les interviews menés dans les régions s’étant dotées d’équipements adaptés montrent que l’incidence de ces structures est aujourd’hui considérée comme positive aussi bien par les entreprises touristiques que par la population qui les avait au début regardées d’un œil critique mais reconnaît aujourd’hui leur rôle dans la création de valeur ajoutée touristique pour la région.

Alexandra Jiricka, Ulrike Pröbstl

Univ.Prof. Dipl.-Ing. DDr. Ulrike Pröbstl, Univ.-Ass. Dipl.-Ing. Dr. Alexandra Jiricka, Institut pour l’aménagement du paysage, les loisirs et la planification de la protection de la nature à l’université agronomique de Vienne. Photos: authors

Environnement

Le VTT et les remontées mécaniques

Une stratégie représentant un nouvel atout pour les remontées mécaniques en été ?

Nombreuses sont les communes souhaitant proposer des activités susceptibles d’attirer les touristes en été et s’interrogeant sur les montants à investir à cet effet. Une perspective prometteuse à cet égard est le succès croissant du VTT pour lequel différentes structures ont déjà été mises en place, allant des simples single trails aux Mountainbikeparks. Ces parcs sont des zones de sport balisées destinées à la pratique du VTT en montagne. Le plus souvent l’infrastructure existante, normalement destinée aux sports d’hiver – autrement dit les remontées mécaniques – a été adaptée pour permettre le transport des cycliste en montée. Ce qui permet aux vététistes de se concentrer sur la descente. Ainsi, la pratique du VTT en descente dans les parcs appropriés en été ressemble pour le principe à la descente en ski de piste en hiver. La montée s’effectue sans effort, le sportif et son matériel étant transportés jusqu’en haut par une remontée mécanique. En Autriche on a créé ces dernières années plusieurs parcs appréciés des adeptes de ce sport et connus au-delà des frontières, notamment : le Bikepark Planai à Schladming, en Styrie, le Bikepark Leogang dans la province de Salzourg, le Bike Circus Saalbach-Interglemm, également en pays salzbourgeois, le Bikepark Zau[:ber:]g sur le Col du Semmering, entre la Basse-Autriche et la Styrie et le Mountainbikepark de Wagrein dans la province de Salzbourg, pour ne citer que les plus grands. Par ailleurs de nombreuses régions de montagne proposent aussi, outre la descente en VTT, des infrastructures intéressantes permettant de pratiquer différents modes de vélo de montagne comme le « cross-country » ou la randonnée classique en VTT.

Les néophytes dans ce sport ou ceux qui souhaitent se renseigner sur les différentes possibilités existantes devraient commencer par regarder les différents modes de le pratiquer. Les analyses ci-dessous reposent sur une enquête menées auprès de 327 sportifs dans les zones de sports de montagne des provinces de Salzbourg et du Vorarlberg (Leissing 2012). Dans les régions dotées de remontées mécaniques on rencontre généralement quatre types de VTTistes :

Caractéristiques des différents types

Ces différents types se distinguent d’abord très nettement au niveau de l’âge. Ainsi, en ce qui concerne les régions dans lesquelles a été menée l’enquête, près de 85% des vététistes pratiquant la descente avaient moins de 35 ans ; en même temps, un peu plus de la moitié des vététistes de moins de 25 ans disaient préférer ce type de pratique du VTT. De même, le freeride/enduro est plutôt pratiqué par les jeunes tandis que le cross-country a généralement la préférence de vététistes plus âgés. Ceux pratiquant la randonnée sont en moyenne les plus âgés.

Ainsi qu’en témoignent plusieurs études, 80% des vététistes sont des hommes. En particulier les modes descente et freeride/endurance sont presque uniquement l’affaire des cyclistes masculins. Par contre la randonnée et le cross-country comptent un nombre plus élevé d’adeptes féminines, environ 35%.

Les vététistes pratiquant la descente sont ceux qui passent le plus de temps à la montagne, soit de 15 à 21 jours en été, tandis que ceux pratiquant la randonnée et le cross-country viennent plutôt en automne.

Motifs

Pour tous les sports pratiqués dans la nature, notamment le ski de piste ou le ski de fond, ce sont plus ou moins les mêmes motifs qui poussent les adeptes à s’adonner au sport qu’ils ont choisi. Ils citent en particulier les bénéfices pour la santé, notamment à travers la détente, le maintien de la forme et l’entretien des performances physiques. Pour d’autres c’est plutôt l’aspect rapports sociaux qui compte, ou encore le plaisir de profiter des agréments de la nature et du paysage. L’enquête a montré que le plaisir offert par la nature et le paysage était un des principaux motifs pour tous les types de vététistes. D’où l’importance de proposer des structures présentant un attrait paysager, avec des chemins bien intégrés et le cas échéant un regazonnement de certaines zones. Mais à y regarder de plus près, on constate aussi quelques différences entre les divers groupes.

Pour presque tous les groupes le facteur détente à la montagne revêt à peu près la même importance que le plaisir offert par le paysage. Cependant, alors que les vététistes pratiquant la randonnée et le cross-country mettent surtout en avant le plaisir offert par la nature et le paysage, les adeptes de la descente tiennent à perfectionner leur technique et mettent en avant le goût de l’aventure, du risque et des sensations fortes. Les difficultés techniques et les défis apparaissent comme particulièrement excitants. Mais le facteur aventure représente aussi pour le groupe freeride/enduro une raison de venir à la montagne.

Importance des vététistes en tant que groupe cible touristique

Comme l’on pouvait s’y attendre, les vététistes pratiquant la descente représentent, avec 91% de réponses positives, le groupe utilisant le plus les remontées mécaniques. Les trois-quarts (77%) de ce groupe s’intéressent en outre aux compétitions et autre évènements sportifs. Ils se distinguent par là significativement des autres disciplines. Nous voyons par ailleurs que les évènements sportifs intéressent aussi une forte proportion d’adeptes de la descente (81 %), chiffre significativement plus élevé que pour les autres groupes. Par ailleurs les vététistes pratiquant la descente indiquent une nette préférence pour les difficultés placées artificiellement sur le terrain et pour les obstacles techniques du genre virages raides, éléments Northshore et Drops ou sauts. De nombreux adeptes du freeride/enduro sont eux aussi attirés par des structures de ce type.

Les vététistes pratiquant les autres disciplines préfèrent pour la montée soit les chemins forestiers ou des chemins de terre assez larges (82%), soit les sentiers étroits ou les singletrails (63%). Ceux qui s’adonnent à la randonnée (100%) et au cross-contry (95%) souhaitent pouvoir utiliser des chemins forestiers ou des chemins de terre. Presque tous les vététistes interrogés préfèrent trouver sur leur chemin des obstacles naturels (rochers, racines, troncs d’arbres).

Vu que les vététistes pratiquant la randonnée et le cross-country ont à peu près les mêmes préférences que les randonneurs pédestres, certaines mesures d’organisation doivent être envisagées. Outre une attribution claire des chemins aux activités pratiquées en montagne, on citera entre autres les randonnées en VTT guidées, appréciées par 58% des vététistes randonneurs. Les limitations temporelles d’utilisation des chemins sont mal acceptées des vététistes interrogées au cours de l’enquête.

Les vététistes pratiquant la descente représentent en raison des exigences spéciales des parcours et des aires délimitées sur lesquelles ils se déplacent un groupe cible intéressant et facilement gérable pour les remontées mécaniques. En revanche, leur importance économique est dans l’ensemble limitée pour les destinations concernées, notamment du fait de leur âge (les classant plutôt dans le segment de prix inférieur pour l’hébergement), des motifs les amenant à choisir un séjour à la montagne ainsi que de leur faible incidence sur la restauration. Par contre, les vététistes appartenant aux autres disciplines descendent, comme les randonneurs, dans les hôtels de catégorie moyenne à supérieure et s’intéressent aussi à d’autres activités permettant de profiter des plaisirs offerts par la nature. Une offre de pratique du VTT diversifiée peut d’une façon générale contribuer à augmenter l’attrait d’une région de vacances en suscitant l’intérêt de nouveaux groupes cibles.

Il convient par ailleurs de noter que plus de 80% des mountainbikers font également du ski ou du snowboard, ce qui permet une fidélisation toutes saisons (cf. Fig. 1). Des bikeparks bien conçus qui permettent un rajeunissement de la clientèle ainsi que l’organisation de fêtes et d’évènements dans une région peuvent, s’ils s’inscrivent dans son orientation stratégique, avoir un effet d’attraction supplémentaire ­– y compris pour les non-vététistes. Beaucoup de vacanciers prennent plaisir à regarder les vététistes dévaler les pentes dans le cas d’événements particuliers et aiment « qu’il se passe quelque chose au village ».

Il ressort dans l’ensemble que les vététistes représentent un groupe cible intéressant pour le tourisme, déjà du fait que, ainsi que le montrent études actuelles, ils séjournent en moyenne entre 8 et 15 jours à la montagne, aussi bien au printemps qu’en été et en automne (Cf. Fig. 2).

Pour attirer plus spécialement, en été comme en hiver, ce public relativement jeune, il apparaît souhaitable, si l’on veut obtenir des résultats à long terme, de lui proposer une offre adéquate. Les interviews menés dans les régions s’étant dotées d’équipements adaptés montrent que l’incidence de ces structures est aujourd’hui considérée comme positive aussi bien par les entreprises touristiques que par la population qui les avait au début regardées d’un œil critique mais reconnaît aujourd’hui leur rôle dans la création de valeur ajoutée touristique pour la région.

Alexandra Jiricka, Ulrike Pröbstl

Univ.Prof. Dipl.-Ing. DDr. Ulrike Pröbstl, Univ.-Ass. Dipl.-Ing. Dr. Alexandra Jiricka, Institut pour l’aménagement du paysage, les loisirs et la planification de la protection de la nature à l’université agronomique de Vienne. Photos: authors

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