Economie

La sécurité toujours en débat.

Créée par Patrick Buttard

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les vacances d’hiver ne sont pas terminées, et la promesse de compensation d’un début de saison difficile n’est pas encore tenue. Quand Domaines Skiables de France indique dans sa dernière note de conjoncture que, pendant les vacances d’hiver, 3 millions de personnes se rendront dans les stations françaises, nous sommes bien sûr tous suspendus à l’annonce prochaine des chiffres réels. 

Quel que soit le verdict statistique, les stations se battent pour répondre aux besoins des clients, préserver l’emploi, échelonner leurs charges qui, avec des semaines sans chiffre d’affaires suffisant, font peser une menace permanente sur la pérennité de leurs activités. La gestion technique, commerciale et la météorologie ca­pricieuse ne saurait en effet faire oublier le combat fiscal, législatif et administratif qui impacte fortement les stations et qui est souvent méconnu des touristes amoureux de la montagne.

Nous observons avec attention le débat sur la sécurité, ravivé s’il en était besoin par la publication du décret 2016-01 du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie et relatif à la sécurité des remontées mécaniques et tapis roulants en zone de montagne. Annoncé pour une mise en application au 01/04/2016, il exige des exploitants, à horizon 2017, la mise en place d’un Système de Gestion de la Sécurité (SGS) portant sur l’exploitation et la maintenance des remontées mécaniques. Il s’inspire de méthodes appliquées par d’autres secteurs (transport ferroviaire, transports guidés). Contesté en de nombreux points par les représentants professionnels de l’industrie de la montagne, il pose une question de fond sur l’évolution de la gestion bicéphale de la montagne française depuis déjà des années : les exploitations privées ayant été en 

beaucoup de lieux remplacées par des structures pu­bliques ou d’économie mixte, les décalages de visions entre les deux têtes de la gestion des domaines skiables (opérateurs techniques d’un côté, pouvoirs publics de l’autre) sont légion. Lorsque l’Etat fait une incursion visible dans la gestion internationalisée d’entreprises automobiles bien connues, on se dit qu’un certain équilibre public/privé saura dans l’ensemble être maintenu. Or quand on voit les remontées mécaniques au carrefour des secteurs du tourisme, des transports, de l’économie, de l’écologie, et que les étendards de type ­­

« choc de simplification » ou « regroupements stratégiques » (régions, intercommunalité) sont brandis voire mis en œuvre par nombre d’hommes et de femmes politiques des ministères et collectivités locales concernés, on peut se demander si les montagnards pourront durablement faire valoir leur points de vue sur les questions de normalisation, notamment des règles de sécurité. 

Pour voir les choses autrement, heureusement, hors de France il y a l’international, et des marchés émergents qui sont en mesure de redonner le sourire aux techni­ciens de la montagne. Nous sommes toujours ravis chez ISR de montrer la combativité, la pertinence, la technicité des savoir-faire français. Travaillons dès à présent ensemble vos projets internationaux, ça vous détendra un peu !  

Excellent printemps à tou(te)s, et rendez-vous à l’occasion du prochain salon Mountain Planet

Photo: B. Genet 2014
Patrick Buttard, Correspondant d´ISR
Photo: B. Genet 2014

Economie

La sécurité toujours en débat.

Créée par Patrick Buttard

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les vacances d’hiver ne sont pas terminées, et la promesse de compensation d’un début de saison difficile n’est pas encore tenue. Quand Domaines Skiables de France indique dans sa dernière note de conjoncture que, pendant les vacances d’hiver, 3 millions de personnes se rendront dans les stations françaises, nous sommes bien sûr tous suspendus à l’annonce prochaine des chiffres réels. 

Quel que soit le verdict statistique, les stations se battent pour répondre aux besoins des clients, préserver l’emploi, échelonner leurs charges qui, avec des semaines sans chiffre d’affaires suffisant, font peser une menace permanente sur la pérennité de leurs activités. La gestion technique, commerciale et la météorologie ca­pricieuse ne saurait en effet faire oublier le combat fiscal, législatif et administratif qui impacte fortement les stations et qui est souvent méconnu des touristes amoureux de la montagne.

Nous observons avec attention le débat sur la sécurité, ravivé s’il en était besoin par la publication du décret 2016-01 du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie et relatif à la sécurité des remontées mécaniques et tapis roulants en zone de montagne. Annoncé pour une mise en application au 01/04/2016, il exige des exploitants, à horizon 2017, la mise en place d’un Système de Gestion de la Sécurité (SGS) portant sur l’exploitation et la maintenance des remontées mécaniques. Il s’inspire de méthodes appliquées par d’autres secteurs (transport ferroviaire, transports guidés). Contesté en de nombreux points par les représentants professionnels de l’industrie de la montagne, il pose une question de fond sur l’évolution de la gestion bicéphale de la montagne française depuis déjà des années : les exploitations privées ayant été en 

beaucoup de lieux remplacées par des structures pu­bliques ou d’économie mixte, les décalages de visions entre les deux têtes de la gestion des domaines skiables (opérateurs techniques d’un côté, pouvoirs publics de l’autre) sont légion. Lorsque l’Etat fait une incursion visible dans la gestion internationalisée d’entreprises automobiles bien connues, on se dit qu’un certain équilibre public/privé saura dans l’ensemble être maintenu. Or quand on voit les remontées mécaniques au carrefour des secteurs du tourisme, des transports, de l’économie, de l’écologie, et que les étendards de type ­­

« choc de simplification » ou « regroupements stratégiques » (régions, intercommunalité) sont brandis voire mis en œuvre par nombre d’hommes et de femmes politiques des ministères et collectivités locales concernés, on peut se demander si les montagnards pourront durablement faire valoir leur points de vue sur les questions de normalisation, notamment des règles de sécurité. 

Pour voir les choses autrement, heureusement, hors de France il y a l’international, et des marchés émergents qui sont en mesure de redonner le sourire aux techni­ciens de la montagne. Nous sommes toujours ravis chez ISR de montrer la combativité, la pertinence, la technicité des savoir-faire français. Travaillons dès à présent ensemble vos projets internationaux, ça vous détendra un peu !  

Excellent printemps à tou(te)s, et rendez-vous à l’occasion du prochain salon Mountain Planet

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Patrick Buttard, Correspondant d´ISR
Photo: B. Genet 2014

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